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ALESSANDRO SANNINI
Dossier de recherche indépendantMis à jour le 16 octobre 2026
09 / VENTURE IMPACT

Mesure, contrefactuels et vérification

Un chiffre utile doit pouvoir être contredit

Images traitées, hectares observés, utilisateurs inscrits et capital « mobilisé » peuvent décrire le fonctionnement d'une initiative. Ils ne prouvent ni le bénéfice final ni la contribution particulière de l'investisseur. L'évaluation devient pertinente lorsqu'elle permet à un décideur de poursuivre, de modifier ou d'interrompre une intervention.

Il existe deux questions contrefactuelles distinctes. Que se serait-il passé pour les utilisateurs sans la solution de l'entreprise ? Que serait devenue l'entreprise sans ce financeur ? La première concerne l'effet du service ; la seconde l'additionnalité de l'investisseur. Un produit peut être excellent alors que son développement aurait été financé aux mêmes conditions par une autre banque [R05][R06].

Une échelle de preuve proportionnée

Une livraison peut être validée par un acte daté. Une adoption réelle exige des traces administratives, des usages et des entretiens. Une contribution financière ou managériale demande la comparaison avec les alternatives disponibles au moment du financement. Quant à la monétisation des dommages évités, elle nécessite des scénarios, des données comparatives et une analyse de sensibilité.

Le dossier propose quatre niveaux de garantie opérationnelle, qui ne constituent pas une certification : (1) réalisations vérifiées ; (2) résultats observés ; (3) contribution plausible corroborée par plusieurs sources ; (4) identification causale fondée sur un dispositif méthodologique approprié. Plus une déclaration a de conséquences, plus la preuve exigée doit être robuste.

Le dictionnaire de dix informations

Chaque indicateur doit comporter un nom univoque, une unité, l'événement observé, le périmètre spatial et temporel, une référence initiale, une cible avec seuil d'alerte, une source et un responsable, une fréquence, une ventilation des destinataires, et les limites de la vérification. En géospatial, cela suppose également de documenter l'heure d'acquisition, la qualité du terrain de référence, les versions d'algorithmes et les disparités géographiques d'erreurs.

Un modèle d'une grande précision moyenne peut échouer dans les territoires pauvres en données. Un système réduisant d'une heure la production d'une alerte améliore un processus ; il ne prouve pas, à lui seul, un nombre exact de vies sauvées. Le passage à une estimation monétaire exige d'évaluer les décisions effectivement modifiées, les événements, les biens exposés et les coûts des faux signaux.

Construire un contrefactuel réaliste

Sans projet ne veut pas dire sans institutions, concurrents ou équipements. Les procédures publiques évoluent, les observations alternatives progressent et les réseaux au sol continuent d'exister. Le calcul de valeur doit comparer la technologie satellitaire aux autres moyens disponibles et examiner les complémentarités : capteurs locaux, infrastructures physiques, formation et procédures.

Publier aussi les limites

Une information d'impact sérieuse expose provenance des données, biais, exclusions, effets négatifs, changements de méthode et hypothèses incertaines. Le tiers vérificateur doit dire s'il a audité le processus, certains indicateurs, la qualité de la base ou une relation causale. Ce sont des missions différentes. Un dossier qui peut être discuté et éventuellement réfuté est plus utile qu'une brochure qui exige d'être crue [R07].